« La solitude et le fait de photographier sont liés d’une manière essentielle. Si l’on n’est pas seul, on ne peut jamais acquérir cette façon de voir, cette immersion totale dans ce que l’on regarde, sans avoir besoin d’interpréter, simplement regarder. »
BASTIAN a le plaisir de présenter Wim Wenders – In Times of Solitude, exposition en ligne exclusive de l’artiste allemand. Présentée du 28 mai au 1er août 2020, elle réunit vingt photographies mettant en lumière la relation entre photographie et solitude dans l’œuvre de Wenders.
Considéré comme l’un des réalisateurs les plus importants de notre époque, Wim Wenders (né en 1945 à Düsseldorf) a développé en parallèle une œuvre photographique considérable. C’est en partie pour échapper à l’environnement frénétique de l’industrie cinématographique qu’il se tourne d’abord vers la photographie. « Filmer est une activité très sociale […] C’est un long processus et l’histoire que l’on veut raconter passe entre de nombreuses mains. Avec la photographie, tout est différent. Ici, j’ai l’immense privilège de pouvoir tout faire moi-même. »
De l’Ouest américain à son Allemagne natale, Wim Wenders représente des lieux solitaires et isolés : villes, déserts, autoroutes, lieux constamment traversés par l’humanité. L’artiste évoque la dimension narrative de ses images : « En tant que cinéaste, je suis un conteur. Mais en tant que photographe, je suis strictement un auditeur. J’écoute des histoires qui ne me sont pas racontées par des personnes, mais par des paysages et des lieux, des maisons et des rues. Ils ont généralement beaucoup vécu et ont beaucoup à dire sur nous et sur notre civilisation. »
Wenders a confié avoir joué avec des appareils photo dès son plus jeune âge, mais ce n’est qu’en préparant ses premiers films que sa curiosité s’est véritablement éveillée. Ses photographies éclairent ainsi le processus de tous les films réalisés durant la période particulièrement féconde des années 1970 et 1980. Il y décrit des voyages en voiture avec Annie Leibovitz, des tournages avec Dennis Hopper, ainsi que les mois passés seul à parcourir l’Ouest américain à la recherche de lieux pour préparer son grand film Paris, Texas.
Comme ses films, ses images possèdent un romantisme mélancolique. Elles abordent des thèmes tels que le temps, la perte et le mouvement. Dans cette exposition, des œuvres comme Abandoned Drive-in dégagent une nostalgie de l’ancienne vie de frontière. L’image montre un paysage infini baigné de lumière et de couleur où ne subsiste qu’une trace de civilisation. Dans Street Front in Butte, les ombres d’une rue vide suggèrent l’abandon. Dans son livre Once, l’artiste écrit : « Tôt le matin, pas une âme dans les rues de Butte, Montana. C’était comme si j’étais entré dans mon tableau préféré d’Edward Hopper : Early Sunday Morning, peint en 1930. C’était bien un dimanche. » Le soleil matinal charge l’image d’énergie et révèle une luminosité et une chaleur sublimes, dans un monde où les êtres humains ne se laissent percevoir que par leur absence.
Aux côtés des photographies grand format présentées par BASTIAN, les Polaroids plus petits offrent un regard singulier dans cette période d’isolement créatif. Leur petit format attire le spectateur dans ces instants spontanés ; l’immédiateté de la technique les rend impossibles à manipuler et donne ainsi un aperçu très personnel des processus de pensée et des sources d’inspiration de l’artiste.
28.05.2020 - 01.08.2020
Vues d'exposition
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