Thomas Zipp

Thomas Zipp

Achtung!: Solarized Deterritorialization Insanity Against Protestantism (England Attacked By The Americas)

Achtung!: Solarized Deterritorialization Insanity Against Protestantism (England Attacked By The Americas)

24.09.2011 - 28.01.2012

24.09.2011 - 28.01.2012

Intelligence collective. L’espèce de fourmi « Cataulacus muticus » vit à l’intérieur d’une sorte de bambou. Lorsqu’il commence à pleuvoir, les fourmis se protègent des inondations en utilisant leur tête comme un bouchon pour obturer l’ouverture de la tige. Toute eau qui s’est infiltrée est recueillie puis, après la pluie, évacuée.

Le titre ample et élaboré de l’exposition et de la peinture de Thomas Zipp appelle quelques explications : quelle relation les termes conceptuels de l’artiste entretiennent-ils avec la magistrale peinture de Picasso, Guernica (1937), qui a servi de point de départ à Thomas Zipp pour sa propre œuvre ?

Déterritorialisation, c’est-à-dire appropriation et recadrage : un nouveau lieu et la visualisation de codes culturels — la marque de fabrique de l’œuvre de Zipp. Appliquée au tableau historique, la solarisation signifie un retour d’éléments picturaux, l’effacement et le recouvrement des figures du Guernica de Picasso. Une exception frappante demeure : l’oiseau — pour Picasso, symbole de paix. À sa place apparaît le vocabulaire formel de l’artiste. Le réservoir de l’inconscient, encadré et complété par des fragments de texte citant notamment les thèses de Luther ou l’Anti-Œdipe de Gilles Deleuze — des prémisses qui interrogeaient de manière critique les structures et modèles sociaux de leur époque, les examinaient et les transformaient. « Insanity against protestantism » et « England attacked by the Americas », dit le titre ; mais il pourrait tout aussi bien s’agir de « The Americas attacked by England », car Zipp ne fait pas référence à un conflit historique ou politique réel. Les topographies peuvent être lues comme deux variables interchangeables représentant métaphoriquement la forme capitaliste de la société. L’artiste lui-même décrit ses œuvres recouvertes de peinture comme une « schizophrénie ».

« Le schizophrène est quelqu’un qui a été décodé, déterritorialisé », écrit Deleuze dans son œuvre de critique sociale Anti-Œdipe ; il s’agit ici de la schizophrénie comme quintessence de l’inconscient. C’est également la clé d’interprétation des œuvres de Thomas Zipp.

Dans la deuxième salle d’exposition, l’artiste présente pour la première fois son film The World’s most complete Congress of RITATIN Treatments (2011), transposition de sa dernière performance. Dix « prêtresses » y utilisent la musique et des cérémonies constamment répétées, semblables à des rituels poétiques, pour danser jusqu’à la transe. Elles ressemblent à des homoncules contrôlés par une force étrangère — la performance inconsciente d’une danse de derviche. Dans sa terminologie, l’artiste appelle cette transe ou extase « White Dada » et l’associe à des adjectifs tels que « happy », « bold », « dynamically violent », « electrically charged ». Le point focal est une sorte de casque Kore ou God-helmet que les visiteurs peuvent essayer et, ce faisant, ressentir des impulsions magnétiques contrôlées par ordinateur.

Sérigraphie, peinture acrylique, peinture à l’huile, vernis sur toile, 378 × 809 cm / 148,8 × 318,5 in. [H × L]

Dates de l'exposition

Dates de l'exposition

24.09.2011 - 28.01.2012

Vues d'exposition

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