Robert Rauschenberg

Robert Rauschenberg

A Window to the World

A Window to the World

07.05.2022 - 30.07.2022

07.05.2022 - 30.07.2022

Il y a près de soixante-dix ans. Nous sommes à New York, durant l’été 1954. L’artiste Robert Rauschenberg a 29 ans. Afin de clarifier un commencement, d’éclaircir pour lui-même toutes les strates de sens de la peinture abstraite contemporaine et, dans un geste de refus d’une conception privilégiée de l’auteur, il a produit des peintures monochromes : peintures blanches réalisées avec une peinture murale ordinaire, puis peintures noires et rouges. Il utilise des fragments de journaux qu’il trempe dans la peinture. Il réalise des œuvres recouvertes de feuilles d’or. À propos des « peintures blanches », il dira un jour qu’elles sont des « terrains d’atterrissage pour les lumières, les ombres et les particules ». Mais durant cet été, la vie urbaine fait irruption avec violence dans l’expérience, nécessaire mais transitoire pour l’artiste, de ce monde d’œuvres monochromes.

Au début des années 1950, les amis peintres Robert Rauschenberg, Jasper Johns et Cy Twombly, avec Merce Cunningham et John Cage, avaient compris que le vocabulaire formel passionnément gestuel de l’expressionnisme abstrait n’avait pas supprimé les structures rationnelles mais les avait seulement voilées ; que la force suggérée et subtile de l’effet émotionnel pur n’avait fait qu’accentuer la séparation entre la vie et l’art ; et qu’une philosophie herméneutique en avait émergé. Les artistes se sentirent libres de rechercher l’immédiateté de la vie et du monde dans de nouveaux langages picturaux. Ils se méfiaient de tout art construit comme un contre-monde paradigmatique. Les peintures de Robert Rauschenberg deviennent le kaléidoscope de la vie urbaine : contextes autobiographiques, chimères et épaves des métropoles, messages venus de l’océan des fictions et de la réalité, qui se transforment en une signification de la vie densément tissée et multiple dans les images et les objets. Rauschenberg voulait absolument les deux à la fois : l’immédiateté de la vie et l’autonomie d’une œuvre qui témoigne de cette vie. Dans ses peintures, il consigne ce qui n’avait jamais été vu dans la peinture, ce que l’on n’aurait jamais imaginé y voir.

Il déclara plus tard : « Les matériaux savent qu’eux et moi tentons quelque chose ensemble. » Rauschenberg demandait : « Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que le monde entier est un tableau ? » Logiquement, il n’existe plus dans ses œuvres ni hiérarchie ni ennoblissement. Les expériences passionnées des multiples facettes de la vie sont les créatrices de ces œuvres. La richesse contextuelle de ses peintures est la matière dans laquelle vivent les mythes du quotidien.

« Lorsque vous êtes sur la plage, disait-il un jour pendant un long séjour hivernal sur Captiva Island, dans le golfe du Mexique, rapportez ce que la mer rejette sur le rivage. Je l’utiliserai. » Robert Rauschenberg était et demeure le Protée parmi les artistes du siècle dernier.

Dates de l'exposition

Dates de l'exposition

07.05.2022 - 30.07.2022

Vues d'exposition

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