La nouvelle exposition de la Galerie Bastian présente des œuvres partageant une réflexion sur la réalité et sa représentation en peinture, ainsi que sur l’illusion du fait et de la fiction. At the Still Point tente de révéler les incohérences entre la définition latine de factum — « action », « chose accomplie », « événement » ou « réalisation » — et le sens moderne du mot, « ce qui est vrai ». Les œuvres dialoguent autour du paysage et de l’intérieur, du prototype et de sa manipulation.
L’exposition comprend Dissection Table with Tools de Damien Hirst, l’un des premiers exemples de « fact painting » fondé sur une image photographique. De façon séduisante, Primal Swish de Jeff Koons répond aux mêmes critères : une rose blanche plus grande que nature peinte dans un environnement illusionniste. Par son exécution, l’œuvre rappelle les bouquets et natures mortes de l’âge d’or hollandais, voire des photographies de roses issues de banques d’images en ligne. La rose flotte au-dessus d’une mer de tourbillons, de lavis et d’autres gestes picturaux apparemment incontrôlés. Koons précise en 2007 : « Ce sont de faux gestes… ils font référence aux gestes. Un geste peut être intellectuel ; il n’a pas besoin d’être physique. » Clorhidrato de palonosetron et Sulfisoxazol, deux Spot Paintings de Hirst, semblent avoir été réalisées par « une personne essayant de peindre comme une machine », selon l’artiste en 2001. Dans la nouvelle peinture Petrus Christus de Matthias Weischer, textures, motifs, angles et ombres composent un espace intérieur virtuel, pris entre réalité et surréalité. Dans Summit d’Emma Stibbon, terre et ciel se fondent derrière un voile blanc ; les rochers nus révélés sous les couches de neige constituent le seul point de référence permettant de saisir l’échelle impressionnante du paysage. L’installation principale est l’une des grandes vitrines de Damien Hirst, Figures in a Landscape. Les mots « I love you » sont écrits au rouge à lèvres sur le miroir d’une armoire. L’œuvre s’inspire d’une peinture de Francis Bacon portant le même titre, qui représente son amant Eric Hall assis sur un banc à Hyde Park, Londres. Via Negativa, tableau de Mark Alexander présenté dans l’exposition, renvoie à l’une des versions des Tournesols de Van Gogh. Les fleurs noires d’Alexander deviennent le souvenir lointain d’un bouquet mystérieux en fleurs et rappellent au spectateur que toute chose, matérielle ou immatérielle, finira par disparaître.
Huile sur toile, 247,3 × 213,4 cm / 108 × 84 in. [H × L].
Huile sur toile, 244 × 198 cm / 96 × 78 in. [H × L].
Huile sur toile, 210 × 360 cm / 82,7 × 141,7 in. [H × L].
29.04.2016 - 30.07.2016
Vues d'exposition
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